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Le 2 Aout 1936, Date Majeure dans la Carrière d’André Berruezo
Quelle Fédération ? La F.C.F.
La F.C.F., Fédération Cycliste Française, a vu le jour en Avril 1934 à Dijon. Elle est née d’une scission au sein de l’U.V.F, l’Union Vélocipédique Française, future F.F.C. ( Fédération Française de Cyclisme, toujours en activité de nos jours). Mettant en place des comités régionaux, de la Loire à Paris en passant par les colonies dont Alger, elle finit par s’étendre sur l’ensemble du territoire français. De ce que nous en savons à ce jour, la F.C.F. a cessé d’exister au cours de la seconde guerre mondiale. Pour en savoir plus, rendez vous sur l’article Wikipédia !
1935: Premier Championnat, première participation
C’est le 22 Septembre 1935, en région lyonnaise, que se tient le premier championnat de France de la F.C.F., un an après la création de la Fédération. Ce jour là, se joue le matin la discipline des 100 km sur route puis, l’après midi et sur piste, se courent une Américaine en duo sur 50 km, une course individuelle sur 10km et une épreuve de vitesse.
Ce matin là, De Paoli, couvrant les 100km en 3h et 9 minutes, remporte la discipline sur route. Derrière, André Berruezo, encore dans son année débutant, se classe en 5ème position malgré une crevaison avant le col de Cruizon. L’après midi, à l’occasion de l’Américaine, sur 50km piste, il se classe 4ème avec son binôme Magnan derrière le duo gagnant Ruiz-De Paoli. En ce qui concerne l’individuelle sur piste de 10 km, nous n’en connaissons que les 6 premiers, dont il ne fait pas partie, et c’est Di Natal qui l’emporte. Figure également une épreuve de vitesse, remporté par Lucarelli.
Seconde édition, course dramatique et consécration
L’année suivante, le 12 Juillet 1936, se tient l’épreuve régionale qualificative de l’U.S.C.L.R. en vue du championnat annuel des 100 km routiers de la F.C.F.. Ce jour là, Ruelda l’emporte mais André Berruezo, 6ème avec un temps de 3h17, est qualifié pour l’épreuve finale du 2 Août à venir.
Ce matin du 2 Août, à 7h45, le départ est donné pour les 38 concurrents Route de Bordeaux, à Vaugneray. La première difficulté, le col de la Luère, est grimpé aisément, donnant 4 coureurs en tête, Françon, Vandenabeele, Ferrero et Mur. Dans la descente vers Bessenay, à la sortie d’un virage, les coureurs se trouvent face à un autocar. Tous l’évitent, mais derrière lui se trouve une voiture. Si Ferrero réussit à nouveau à éviter la collision, ce n’est pas le cas des trois autres meneurs. Jean Mur*, 21 ans, militaire à Alby, percutant le véhicule de plein fouet, meurt sur le coup, Maurice Vandenabeel est admis dans un état grave à l’Hôtel Dieu de Lyon et Jean Françon est ramené chez lui, rue Antoine Pillon à Venissieux, dans un état sérieux. Sept autres coureurs sont également blessés mais sans gravité.

Ce drame vient alors entamer le moral de chacun. Par la suite, dans le col du Cruizon, un coureur est victime de crevaison, tandis qu’un stéphanois et un toulousain sont lâchés. Ce dernier recolle néanmoins rapidement. C’est en fin de parcours que Berruezo prend la tête, s’en allant seul vers la victoire, passant la ligne d’arrivée au bout de 3h13m40s. Avec 30 mètres de retard sur lui, le deuxième de l’épreuve est Laforgue de Toulouse puis vient De Paoli, vainqueur en 1935. Ferrero, ayant évité le pire à deux reprises 3 heures plus tôt termine en quatrième place.
Concernant la suite de la journée, sur piste, dans l’Américaine de 50km en duo, c’est le binôme Lucarelli-Ruelda qui l’emporte, tandis que Delange gagne l’individuelle sur 10km. Contrairement à 1935, André Berruezo ne participe pas aux épreuves sur piste. Concernant le titre de Champion de Vitesse, Lucarelli l’emporte pour la seconde année consécutive.
Ce jour reste comme un très grand moment dans la carrière et la vie d’André Berruezo. A travers le drame de l’accident, rappelant à chacun les dangers de ce sport, cette victoire le marque au point de rester l’un de ses plus précieux souvenirs. Source de grande fierté, ce jour prend également place au sein de la Grande Histoire. En effet, ce week-end d’Août 1936, prend fin le Tour de France tandis qu’en Allemagne s’ouvrent les Jeux Olympiques de Berlin.

L’année suivante, ayant rejoint le V.C.B., membre de l’U.V.F., André Berruezo ne souscrit plus dans le giron de la F.C.F. et ne peut donc pas prendre à nouveau part à ce championnat de France.
Ainsi, cette aventure, ce titre de Champion de France 1936, même oublié par le palmarès officiel U.C.I., reste comme l’une des plus belle victoires d’André Berruezo.
Beau souvenir et témoignage irréfutable de ce titre, l’éclat de son maillot tricolore n’est pas altéré par l’épreuve du temps.
Marcel et Wilfrid Berruezo
*Jean Mur, de son vrai prénom Ferdinand, 12 Janvier 1914 à Aignan (32), 02 Aout 1936 à Chevinay (69). Merci à Phil68 du Forum mémoire du Cyclisme
C’est un beau blog qui retrace l’histoire d’un athlète qui force le respect. Je suis plein d’admiration pour ces héros du passé qui ont forgé l’esprit sportif de notre époque. Merci d’avoir créé ce site et de permettre le partage de ces souvenirs. Bien amicalement. Raph
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Salut Raph
Merci d’avoir pris de ton temps pour te plonger dans son histoire, on est très heureux de te lire en ces mots, très touchés.
Merci beaucoup !
Wilfrid et Marcel
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Je découvre cette page de son histoire il ne m’en a jamais parlé sa discrétion l’honnore
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Bonjour Mr Vuillod. Merci d’avoir pris un peu de votre temps et merci pour ce message. Merci pour lui.
N’hésitez pas à nous transmettre vos coordonnées, vous qui l’avez connu, pour échanger à son sujet :).
Bonne journée,
Wilfrid et Marcel Berruezo
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