Madame Berruezo

En ce 11 Septembre 2019, nous avons une pensée toute particulière pour elle.

En effet, cette date est un anniversaire important dans la vie des Berruezo puisqu’en ce jour de 1939, André épouse Marceline Almela. C’était il y a tout juste 80 ans.

André et Marceline Berruezo, autour de 1938
André et Marceline Berruezo en 1938

Née en 1918 à Villareal, Marceline arrive à Lyon à l’âge de 4 ans après avoir vécu à Barcelone. C’est en 1935 qu’ils se rencontrent et, en 1937, ils commencent à se fréquenter. Elle est ouvreuse en cinéma, et cela fait deux ans qu’elle suit assidûment ses exploits cyclistes à travers la presse.

Il est humble, elle est malicieuse. Ils se marient le 11 Septembre 1939, quelques semaines avant qu’il ne soit appelé au front. En 1940  naît leur premier fils, avant qu’André ne soit fait prisonnier.

Malgré cette séparation forcée, au gré de l’Histoire avec un grand H, le couple se retrouve en 1945. L’année suivante, ils donnent naissance à une fille. Ensemble, il vont fonder, et tenir, le magasin des Cycles Berruezo.

Une Équipe Cycliste en découle même et, en 1956, la famille accueille son troisième et dernier enfant, Marcel. Alors que le petit dernier grandit, l’aîné de la fratrie se lance dans le cyclisme avec brio, enchaînant les succès. S’appelant comme son père, André, il est même l’un des plus grands espoirs de la jeunesse cycliste lyonnaise. Malheureusement, en 1962, il est victime d’un grave accident lors d’une course. Accident si grave qu’il est considéré mort durant de longues minutes avant que les gendarmes venus enregistrer son décès ne remarquent qu’il respire encore. Ce drame ne l’empêche pas de remonter sur le vélo avec succès suite à opérations et rééducations. Mais sa santé le rattrapera et mettra fin à ses espoirs de carrière professionnelle.

En parallèle, Marceline accompagne son mari sur chacune de ses courses et suit passionnément toutes ses performances. Elle encourage, recense et notes tous les efforts d’André. Ses yeux rieurs ne le quittent jamais.

Lorsqu’ils ferment définitivement le magasin de cycles en 1970, André et Marceline quittent Villeurbanne, d’abord pour s’installer au bord de la rivière d’Ain puis dans le Bugey, dans un village pour lequel ils ont un authentique coup de cœur.

Ensemble, ils y coulent des jours heureux, y accueillant régulièrement leurs 3 enfants, leur 5 petits fils et 2 de leurs arrières petits enfants. Bricolant toujours des cycles, cultivant un jardin et entretenant son impressionnante collection de trophées et maillots, André continue de faire du vélo. En club jusque dans les années 90 puis avec des amis ou en solitaire. Il roule le matin, uniquement, après avoir préparé le petit déjeuner de Marceline et lui consacre ensuite ses après midi. De son côté, elle partage ses souvenirs en photos ou en écrivant, mais aussi ses recettes de cuisine et tricote pour ses petits enfants tout en faisant des mots fléchés.

Heureux, tous les deux.

Si elle l’a rejoint presque 10 ans après qu’il soit parti, ils ne se sont jamais quitté, ils ne nous ont jamais quitté.

Marcel et Wilfrid Berruezo

4 commentaires sur “Madame Berruezo

  1. Quelle histoire émouvante !
    Il existe des chemins faits pour se rencontrer et écrire les plus belles histoires de vie. Marcelline et André continuent sûrement d écrire leur histoire au milieu des plus belles étoiles qui brillent pour….. deux champions…

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  2. Superbe histoire vieux frère. Le récit s’écoule tout seul et nous emporte. Peut-être du fait de les avoir connu des images viennent à mesure.

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